# Camus, degli stati dell'anima, Filosofia, Francia

Pagine di letteratura – degli stati dell’anima: la rivolta (terza parte)

da

L’homme révolté – 1951

di Albert Camus

Ed. Gallimard – 1951

 

“Dès l’instant où l’homme soumet Dieu au jugement moral, il le tue en lui-même. Mais quel est alors le fondement de la morale ? On nie Dieu au nom de la justice, mais l’idée de justice se comprend-elle sans l’idée de Dieu ?” Pag. 70

“C’est l’absurdité que Nietzsche aborde de front. Pour mieux la dépasser, il la pousse à bout : la morale est le dernier visage de Dieu qu’il faut détruire, avant de reconstruire. Dieu alors n’est plus et ne garantit plus notre être ; l’homme doit se déterminer à faire, pour être.” Pag. 70

“L’histoire universelle jusqu’à Jésus n’est pour Stirner qu’un long effort pour idéaliser le réel. Cet effort s’incarne dans les pensées et les rites de purification propres aux anciens. A partir de Jésus, le but est atteint, un autre effort commence qui consiste, au contraire, à réaliser l’idéal. La rage de l’incarnation succède à la purification et, de plus en plus, dévaste le monde à mesure que le socialisme, héritier du Christ, étend son empire. Mais l’histoire universelle n’est qu’une longue offense au principe unique que je suis, principe vivant, concret, principe de victoire qu’on a voulu plier sous le joug d’abstractions successives, Dieu, l’État, la société, l’humanité. Pour Stirner, la philanthropie est une mystification. Les philosophies athées qui culminent dans le culte de l’État et de l’homme ne sont elles-mêmes que des « insurrections théologiques«..” Pag. 71

Stirner, et avec lui, tous les révoltés nihilistes, courent aux confins, ivres de destruction. Après quoi, le désert découvert., il faut apprendre à y subsister. La quête exténuante de Nietzsche commence.” Pag. 73

Nietzsche n’a jamais pensé qu’en fonction d’une apocalypse à venir, non pour l’exalter, car il devinait le visage sordide et calculateur que cette apocalypse finirait par prendre, mais pour l’éviter et la transformer en renaissance.” Pag. 73

Il (Nietzsche ) a diagnostiqué en lui-même, et chez les autres, l’impuissance à croire ci la disparition du fondement primitif de toute foi, c’est-à-dire la croyance à la vie. Le « peut-on vivre révolté? » est devenu chez lui « peut-on vivre sans rien croire ? » Sa réponse est positive.” Pag. 74

Au lieu du doute méthodique, il a pratiqué la négation méthodique, la destruction appliquée de tout ce qui masque encore le nihilisme à lui-même, des idoles qui camouflent la mort de Dieu…. La vocation supérieure de Nietzsche, à l’en croire, est de provoquer une sorte de crise et d’arrêt décisif dans le problème de l’athéisme. Le monde marche à l’aventure, il n’a pas de finalité. Dieu est donc inutile, puisqu’il ne veut rien.” Pag. 74

Fine terza parte

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